
Ma solidarité inconditionnelle avec la Révolution cubaine et le général Raul Castro, convoqué par le ministère de la Justice étasunien – contrôlé à volonté par Trump – à comparaître devant un tribunal étasunien, accusé d’être le responsable de la destruction de deux avions de l’organisation terroriste « Frères du Secours », qui avait survolé l’espace aérien cubain, et même le territoire de l’île, pendant plus d’un an, larguant des tracts et autres documents incitant la population cubaine à descendre dans la rue et à se soulever contre le gouvernement révolutionnaire.
L’Administration fédérale de l’aviation des États-Unis (FAA) avait été avertie depuis des mois par le gouvernement cubain de cette violation du droit international, au point d’avoir elle-même sommé « Frères du Secours » de cesser ses activités. Face à la persistance de ces vols, le 24 février, les Forces armées révolutionnaires cubaines (FARavait abattu deux des trois avions qui violaient l’espace aérien cubain, tuant les quatre membres d’équipage.
Transcription
Le secrétaire d’État Marco Rubio a récemment publié un message sur X, affirmant que la responsabilité des coupures d’électricité et des pénuries dont souffre Cuba incombe principalement à l’incompétence et à la corruption du gouvernement cubain. Il est véritablement étonnant de constater avec quelle insolence est abordée la question du blocus que subit Cuba, le plus long qui n’ait jamais existe dans l’histoire de l’humanité. Vous pouvez remonter jusqu’à l’Empire mongol, l’Empire perse, l’Empire romain, l’Empire ottoman, l’Empire romain d’Occident ou encore l’Empire britannique.
Vous ne trouverez jamais de situation comparable à celle de Cuba, qui subit ce blocus depuis 65 ans, pour le moins. N’oublions pas qu’il a commencé avec Eisenhower.
Déjà en avril ou mai 1960, Eisenhower donna l’ordre, ou du moins approuva l’ordre, de commencer à organiser et à entraîner les mercenaires qui allaient plus tard envahir Playa Giron. Dans le même temps, il interdit l’exportation de tout type de produit étasunien vers Cuba, à l’exception de denrées alimentaires et de médicaments. Tout le reste était interdit. Et à partir de là, ce fut une avalanche, une succession interminable de décrets présidentiels. Pire encore, à partir de 1996, sous la présidence de Clinton, acculé et sur la défensive à la suite de l’affaire Monica Lewinsky, il acepta que ce soit le Congrès qui dicte les lois du blocus contre Cuba.
Et cela s’est avéré catastrophique car, aujourd’hui, par exemple, la levée du blocus requiert une majorité dans les deux chambres du Congrès, ce qui la rend extrêmement difficile. Quoi qu’il en soit, une chose est claire : Cuba a résisté. Certains économistes affirment que le coût du blocus, mesuré en termes historiques, équivaut à deux plans Marshall.
Deux plans Marshall. Avec un seul plan Marshall, l’Europe s’est relevée des horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Et je dirais qu’avec deux plans Marshall, ils n’ont pas réussi à mettre Cuba à genoux.
Cuba va surmonter ce durcissement, elle va le dépasser. Cela exige de garder son sang-froid et d’encourager une solidarité plus efficace de la part de nombreux pays amis de Cuba, mais qui, au moment crucial, hésitent à apporter une aide plus concrète. Par exemple, en envoyant du pétrole à Cuba. Et je crois que certains pays pourraient le faire.
Je crois que le Brésil peut le faire ; c’est un pays riche en pétrole, doté d’une grande compagnie pétrolière comme Petrobras. L’Angola peut le faire, des pays comme l’Angola ou l’Algérie, qui ont été fondamentalement aidés par Cuba dans leur lutte anticoloniale. Je crois que d’autres pays des Caraïbes, avec lesquels Cuba a toujours coopéré, peuvent également le faire.
Le Mexique s’efforce de trouver un moyen de maintenir un approvisionnement modeste en pétrole à Cuba, comme je l’ai mentionné. Mais je pense qu’il est important que ces pays, et d’autres encore, agissent. La Russie a annoncé l’envoi d’un pétrolier, la Chine installe des parcs solaires, ce qui est très utile, n’est-ce pas ? Mais il me semble que Cuba a besoin d’une aide plus concrète en ce moment.
Nous ne pouvons pas permettre que Cuba soit détruite par la fureur vindicative de Donald Trump, qui commemce, disons-le, à perdre du terrain. Sa popularité a chuté, il a été vaincu dans la guerre qu’il a déclenchée avec Israël contre l’Iran, et il a donc besoin d’afficher un trophée à son électorat. Et ce trophée, me semble-t-il, il pense pouvoir l’obtenir à Cuba. Il se trompe lourdement ; ce sera une terrible déception pour le président Trump s’il tentait d’intervenir militairement à Cuba. Il n’atteindra pas son objectif.
Par conséquent, en tout état de cause, notre devoir est de rester constamment sur nos gardes et d’apporter à Cuba tout le soutien que cette île, la plus solidaire au monde, le pays le plus solidaire au monde, mérite de nous tous.
