Déclaration de la rencontre « Voix contre le fascisme »

Le 9 mai 1945, l’Allemagne nazie a officiellement capitulé devant l’Armée rouge. C’est ainsi que s’est concrétisée la victoire contre le fascisme sur le continent européen, portée par la lutte et la résistance des peuples, en particulier de ceux qui constituaient à l’époque l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Depuis lors, certains tentent de minimiser le rôle du peuple soviétique et son sacrifice, qui a coûté la vie à plus de vingt millions de personnes.

 

Cependant, la victoire contre le fascisme n’a pas pu se débarrasser de son frère jumeau, l’impérialisme. C’est pourquoi ses idées et ses pratiques reviennent chaque fois que le système capitaliste mondial est confronté à une crise et que l’ordre impérialiste issu de la Seconde Guerre mondiale est ébranlé dans ses fondements. Dès le 8 mai 1975, notre commandant en chef Fidel Castro dénonçait cette généalogie du fascisme : « Ce sont les pays capitalistes et les pays impérialistes qui ont créé les conditions de l’émergence du fascisme dans le monde ».

 

Il est alarmant, mais pas surprenant, que quatre-vingt-un ans plus tard, en 2026, des idées et des pratiques qui s’inspirent d’Hitler, de Mussolini et de Franco progressent, même si l’on tente de les dissimuler et de les déguiser avec la complicité des grandes entreprises de communication. Nous assistons actuellement à l’instauration d’un système totalitaire global, qui se manifeste par l’action impunie du gouvernement des États-Unis, au niveau national et international, visant à discipliner et punir tous les peuples qui refusent de se soumettre.

 

L’impérialisme yankee accentue la voie de la militarisation, du discours de haine et des menaces – même si, à vrai dire, il ne les a jamais abandonnés – et les met en œuvre à travers une guerre multiforme dont l’aboutissement est l’agression militaire directe. En témoignent l’attaque contre le Venezuela et l’enlèvement de son président, l’alliance avec le régime sioniste israélien dans le génocide des peuples palestinien et libanais, et l’agression contre l’Iran. Dans le cas de Cuba, tous les masques de ceux qui relativisaient le blocus économique étasunien sont tombés, tandis que les mesures coercitives destinées à asphyxier toute une population se durcissent et qu’une action militaire armée contre l’Île est annoncée.

La politique étrangère militariste et menaçante de Trump reflète également son comportement sur le plan intérieur aux États-Unis. Les prérogatives accordées au Service de l’immigration et du contrôle des douanes (ICE) ainsi que les pratiques mises en œuvre par cette agence témoignent de la volonté de définir quels groupes de population appartiennent ou non au « corps national ». Le slogan Make America Great Again s’est transformé en un retour au fascisme originel : l’instauration d’un projet nationaliste agressif qui exclut de larges groupes de population. Pour ce faire, il est même fait appel à l’élimination physique, à l’assassinat ou à l’enfermement dans des camps de détention. Par ailleurs, les prérogatives accordées à l’ICE rappellent le recours au paramilitarisme qui a marqué les régimes fascistes en Europe.

La montée de l’extrême droite à l’échelle mondiale répond à de multiples causes. Parmi celles-ci, dans la logique héritée du fascisme, ces extrêmes droites s’identifient au président de la principale puissance impérialiste et se soumettent à son leadership.

Pour faire face à ces réalités, l’unité et la résistance sont impératives. Il devient de plus en plus évident que le fascisme doit être combattu sur tous les fronts, et ce, dans un contexte particulièrement hostile en raison de son contrôle de l’industrie militaire, de sa puissance économique et de sa domination des plateformes de communication.

Depuis Cuba, nous réaffirmons l’urgence d’une mobilisation anti-impérialiste et antifasciste, avec la conviction que nous luttons pour la vie de notre peuple et de tous ceux qui, dans le monde, sont considérés comme inférieurs et sacrifiables.

 

La Havane, le 8 mai 2026

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